24.04.2006
le salut sarkozien
Ami lecteur,
Nous y revoilà. La croisée des chemins. Le moment où le cycle arrive à son terme, où chaque acteur revient à sa place, où les événements n’attendent plus qu’à s’enchaîner, de la même manière qu’ils l’ont fait des dizaines de fois auparavant, dans des dizaines d’endroits différents.
On sait bien que l’histoire se répète. Plus ou moins confusément, certes, mais l’idée a été intégrée. La pensée humaine s’est penchée sur le cours des événements passés, et a fait cette observation, étayée par des études de plus en plus nombreuses au fil du temps ; et elle a cherché à nous mettre en garde. A grands coups de commémorations, de jours fériés censés raviver le souvenir, d’érections de monuments dédiés à la mémoire collective, de romans, de films, de documentaires, de spots publicitaires.
Et pourquoi ? Bah, on ne craignait rien. On a pensé que la leçon avait été retenue, et qu’elle avait servi. Tous les gamins ont la même réaction : on leur raconte les dernières guerres, les rafles, les exterminations, et aucun n’arrive à intégrer vraiment l’idée que cela ait pu se produire. Que l’humanité, nos parents, nos grands-parents, puissent avoir été de tels barbares, sauvages et inhumains.
Et pourtant, la bête est de retour.
Oh, je m’interromps tout de suite, parce que je sens venir la critique. J’entends la voix de ceux, nombreux parmi mes lecteurs, qui me connaissent personnellement, et qui ne vont pas manquer de me reprocher mon alarmisme, ma tendance un peu verbeuse à exagérer les choses à dessein, pour donner plus de poids à mes propos. On va me dire : tu vois le mal partout. Tu as trop lu. Tu es parano. On m’avait déjà fait la réflexion sur à la publication de mon article du 27 mars dernier (Little Brother is watching you).
Je voudrais prendre le temps d’observer, et de réfléchir à ce que j’observe. Je ne veux pas me contenter de me révolter au constat de la montée inexorable de ce petit homme assoiffé de pouvoir que les masses haineuses sont de plus en plus nombreuses à aduler, parce que ce serait effectivement s’exprimer dans le vide (mais pourquoi ça, à propos ? Qu’est-ce qui fait qu’aujourd’hui cela ne sert plus à rien de critiquer Sarko ? Et surtout, pourquoi personne n’a rien à branler des critiques qui lui sont faites ? Avec ta permission, c’est une question sur laquelle nous reviendrons plus tard…)
Observons seulement, si tu le veux bien, ami lecteur. Le week-end dernier, Nicolas Sarkozy s’est exprimé devant près de 2000 nouveaux adhérents de son parti réunis. Ce faisant, on peut dire qu’il s’est contenté de s’exprimer devant eux, sans pour autant le faire à leur endroit (voire, dans le cas d’un aussi grand démagogue, à leur envers…), puisque c’est aux électeurs du Front National que Nicolas Sarkozy s’est explicitement adressé, avec l'idée de "les chercher un par un". C’est pour le moins un changement de cap radical : après avoir plaidé pour le retrait du CPE, poussé au dialogue avec les syndicats et veillé comme une mère poule à la sécurité des manifestants, le voilà qui durcit son discours une fois la crise passée, à seulement un an de l’échéance présidentielle tant attendue. "S'il y en a que cela gêne d'être en France, qu'ils ne se gênent pas pour quitter un pays qu'ils n'aiment pas (…). On ne peut pas demander à un pays de changer ses lois, ses habitudes, ses coutumes tout simplement parce qu'elles ne plaisent pas à une infime minorité." Enchaînant dans la même veine : "On en a plus qu'assez d'avoir le sentiment d'être obligé de s'excuser d'être français."
Des propos qui font tout simplement écho à ceux prononcés par Jean-Marie Le Pen qui déclarait dans les années 80, "La France, aimez-la ou quittez-la", et Philippe de Villiers dont les affiches proclament : "La France, tu l'aimes ou tu la quittes."
De fait, Nicolas Sarkozy emploie dans ses discours les mêmes ficelles que dans les lettres qu’il adresse au bon peuple de France : il appelle l’adhésion à ses idées par simulation du bon sens. Rappelle-toi, ami lecteur, ce courrier qu’il nous avait adressées en mars dernier (cf mon article intitulé 'n'auriez pas une p'tite pièce par hasard?, datées du 1er avril 2006), mobilisant les ressources publiques au bénéfice d’une institution privée et avec un objectif commercial : ‘’Si vous pensez qu’il faut attendre 2007 pour réfléchir à l’avenir de notre pays, il est inutile de lire cette lettre.’’ ‘’Bien sûr que non il ne faut pas attendre 2007’’, te dis-tu à la lecture d’une telle phrase, ami lecteur plein de bon sens. Eh bien ce pensant, te voilà d’accord sur au moins un point avec Nicolas Sarkozy. Et par voie de conséquence, sensiblement plus réceptif à la suite de ce qu’il a à te dire / te demander, de quoi qu’il s’agisse.
De même avec sa petite trouvaille de samedi dernier : "S'il y en a que cela gêne d'être en France, qu'ils ne se gênent pas pour quitter un pays qu'ils n'aiment pas’’, ça semble d’une simplicité biblique, ça transpire le bon sens ! Le problème, monsieur Sarkozy, c’est qu’en l’occurrence, les choses ne sont pas si simples que ça. Les populations visées par cette déclaration, c’est-à-dire les émeutiers de novembre 2005 et les casseurs de mars 2006, oh, allez, vous l’avez pensé tellement fort, les racailles, les voyous, ceux qui n’aiment pas la France et qui le montrent, sont peut-être dans de nombreux cas d’origine extra hexagonale, mais ils SONT avant tout de nationalité française. Du moins, c’est ainsi que les voit la République. Or la France, jusqu'à preuve du contraire, a la prétention d’être une société démocratique, c’est-à-dire une société du peuple, construite par le peuple et pour le peuple.
Une société démocratique ne se construit pas dans le rejet. Elle ne prend pas pour son compte et son fonctionnement les individus qui lui semblent aptes à se prêter à l’exercice, ni n’exclut ceux parmi ses ressortissants qui contestent ses démarches. Elle fait avec ce qu’elle a, en prenant en compte tout un chacun, sans créer de distinction entre les individus autre que celle fondée sur l’UTILITE sociale (et PAS la sécurité nationale.).
Ce que fait Nicolas Sarkozy quand il prononce ces mots :"S'il y en a que cela gêne d'être en France, qu'ils ne se gênent pas pour quitter un pays qu'ils n'aiment pas’’, est révélateur d’un état d’esprit dont je m’étonne qu’il ne choque pas plus qu’il ne le fait. Quand il dit : "S'il y en a que cela gêne d'être en France, qu'ils ne se gênent pas pour quitter un pays qu'ils n'aiment pas’’, ce qu’il dit en filigrane, c’est ‘’Ici c’est moi le patron, c’est moi qui commande, et que ceux qui ne sont pas contents dégagent.’’ Or c’est tout a fait anti-démocratique, comme discours. Dans une société démocratique, ce n’est pas à Nicolas Sarkozy de décider, mais au peuple. A tout le peuple. Et particulièrement, oserai-je jusqu'à m’avancer, particulièrement ceux qui contestent la justice et l’équité de l’ordre établi. Dans une société démocratique, on ne met personne sur le carreau sous prétexte qu’il n’aime pas la façon dont vont les choses. Au contraire, idéalement, c’est même à lui qu’on donne la parole en priorité, pour tenter de comprendre les raisons de sa contestation. De même, l’utilité sociale des représentants politiques consiste non pas à imposer une ligne de conduite, mais à se faire l’écho de la parole et de la volonté populaire.
Ok, là encore, je sens venir les critiques : ‘’Utopiste ! Tout ça c’est bien gentil, mais c’est rien d’autre que du vent ! De la littérature ! De la théorie politique mêlée de vagues notions de philosophie socratique !’’
J’entends, j’encaisse, mais je n’en démordrai pas : c’est une simple question, d’éthique d’une part, et de rigueur étymologique d’autre part. Soit on vit dans un système démocratique dont on accepte, plus que la vague idée, les règles et les principes de fonctionnement, soit on admet vivre dans un système dans lequel le peuple n’est pas souverain.
Pour revenir plus spécifiquement sur le discours de Nicolas Sarkozy, son message ne s’est pas porté aux seuls électeurs d’extrême droite, puisqu’il en a également appelé aux électeurs du PC : "Je veux aussi m'adresser à la gauche populaire, à tous ceux qui ont cru au Parti communiste. J'ai plus de respect pour les anciens ouvriers qui ont travaillé toute leur vie en usine que pour les mondains qui n'ont pas vu les crimes de Staline" ; "Un certain nombre d'hommes et de femmes de la gauche peuvent se dire qu'avec nous, ça va changer" (à eux aussi, donc, il tend la main ; en substance : ‘’je veux bien de vous’’… charmant…). Plus que le candidat des milieux populaires, Sarkozy devient également celui des extrêmes. On sait que c’est cet électorat, l’électorat populaire, celui des extrêmes, qui se montre le plus participatif dans le cadre d’élections. Et comme tant d’autres avant lui, Sarkozy s’adresse à cet électorat en lui disant en substance : ‘’Je suis au-dessus les clivages traditionnels ; je ne suis peut-être pas le candidat de votre parti, mais je suis votre homme." C’est malin de sa part. On se le rappelle en 2002 humiliant Jean-Marie Le Pen sur le plateau de ‘’100 Minutes Pour Convaincre’’ ; on le voit aujourd’hui prêt à épouser ses idées pour le pouvoir.
J’en reviens donc à ce dont je parlais en début de mon article : la boucle est bel et bien en train de se boucler ; les extrémismes reviennent, on ne voit le bout ni de la crise économique, ni de la crise sociale, et le peuple est quant à lui apeuré par les innombrables menaces invisibles qui pèsent sur lui, partagé entre sentiment de révolte et résignation déprimée, et il ne sait plus à quel saint se vouer. Surnageant au beau milieu d’un échiquier politique tombé tout entier en discrédit, fort de propositions de lois pour le moins radicalistes, Sarkozy brigue le rôle d’homme providentiel. Là encore, je ne cherche pas à donner dans la démagogie, mais à ma connaissance, les derniers exemples d’hommes d’état arrivées au pouvoir en s’appuyant sur les bases populaires extrémistes se sont eux aussi désignés comme des hommes offerts au peuple par la providence : le ‘’Duce’’, le ’’Fürher’’, le ‘’petit frère du peuple’’, le ‘’Caudillo de España por la Gracia de Dios’’, j’en passe et des meilleurs… Eux aussi, prétendaient tout remettre en cause au service des bonnes gens et s’insurgeaient démagogiquement contre l’échiquier politique traditionnel dont ils prétendaient prendre la relève... Eux aussi, désignaient force boucs émissaires responsables des problèmes que connaissaient la base populaire…
‘’Mais non ! Pas en France ! Ça ne peut pas arriver ! Jamais un dangereux fasciste ne prendra le pouvoir en France, ça n’arriverait jamais !’’, t’écrieras-tu, patriotique ami lecteur. ‘’Les français ne veulent pas d’un dangereux extrémiste au pouvoir. La meilleure preuve en est les manifestations anti-Le Pen d’avril 2002.’’
Sans doute, te répondrai-je, mais pour le coup le raisonnement ne tient pas. Cela fait 20 ans, 30 ans, qu’on véhicule l’idée que ‘’Le Pen = Hitler’’ (et, à plus forte raison, que ‘’De Villiers = Le Pen = Hitler’’). Ce faisant, on barre froidement le passage à ses idées, sans même jamais prendre la peine de les prendre en compte. ‘’Quoi qu’il propose, ce type est un nazi, il ne faut pas l’écouter.’’ Inévitablement, cela conduit à ce que le jour où un arriviste ayant le vent en poupe reprend ces idées répugnantes dans ses discours, personne n’en prend ombrage, puisque pratiquement personne ne réalise que ce sont les mêmes ! Pire : on se félicite de faire revenir l’électorat d’extrême droite à un vote plus modéré ! Mais ce n’est pas l’électorat d’extrême droite qui se déplace ! C’est la droite décomplexée qui lui fait des appels du pied et va vers lui !
Comment s’étonner alors que la mémoire se flétrisse ? Le souvenir de la douleur se dissout dans un semi imaginaire collectif. Il perd sa substance, et l’amnésie laisse le champ libre à l’histoire pour se reproduire à l’identique… Et derrière son écran de télévision, à l’abri de sa porte blindée et de ses fenêtres insonorisées, le pékin lambda regarde sans les voir les événements tisser la trame d’un retour à des temps obscurs, avec la même résignation qu’une vache sur le chemin de l’abattoir, et le même aveuglement qu’un lapin pris au piège des phares sur une route de campagne.
Du reste, comme je le disais plus haut, c’est difficile de critiquer Sarkozy aujourd’hui. D’abord, parce que c’est ce que fait mollement beaucoup de monde ; or se contenter de dire ‘’Bouh il est pas beau c’est un vilain’’ ne contribue à rien sinon à rendre sa présence un peu plus prégnante. Ensuite, parce que toute critique du Napoléon de la place Beauvau se voit systématiquement opposer la réponse-type : ‘’Lui au moins cible les problèmes’’ ; ‘’lui au moins propose des solutions, même si ce ne sont pas forcément les bonnes’’ ; et ma préférée : ‘’Et pour qui tu voudrais voter, alors ?’’
Bigre ! D’accord pour dire que les autres ne valent pas mieux, mais réfléchissons deux secondes à ce que ça veut dire : on va élire un président de la république par défaut ? Comme au deuxième tour en 2002 ?
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22.04.2006
le feuilleton du printemps
Ami lecteur,
Toi qui ne cesses de tourner vers moi tes grands yeux de lapin pris au piège des phares d’une Renault Laguna sur la départementale des vacances, toi que tourmente en permanence la lancinante question de savoir quel sens et quel crédit donner à l’information, toi qui ne connaîtras le repos que quand enfin tu seras parvenu à te dépêtrer des pièges de l’actualité telle qu’on la voit, je t’imagine sans peine aux prises en cette fin de semaine post-pascale avec un questionnement bien légitime : que retenir de cette semaine de télévision ?
La puissance soporifique de ‘’Sortez-Moi De Là, Je Suis Une Célébrité ?’’ L’anniversaire d’Elizabeth II d’Angleterre ? La visite de Hu Jintao à Washington ? Mais non, ami lecteur, non non non et non ! Tu n’y es pas du tout ! C’est le dernier et présumé ultime rebondissement de ‘’ l’affaire Schneidermann’’, l’événement de la semaine.
Comment ? ‘’ L’affaire Schneidermann’’, tu ne connais pas ? Tu n’en as pas entendu parler ? Diable ! Heureusement que je suis là... Petit récapitulatif des faits :
EPISODE 1
Tout commence, pour ainsi dire et parce qu’il faut bien qu’il y ait un début, par la publication dans Libé d’un article de Daniel Schneidermann consacré à la gracile Béatrice Schönberg ; Daniel Schneidermann y dénonce les conséquences des amours d'une présentatrice de la télévision publique et d'un ministre en exercice sur fond de manifs et de banderoles, et s’y interroge sur la légitimité de la jeune femme à présenter le journal d’information de la première chaîne de service public.
Certes, cela fait déjà un petit moment que la situation du couple est publique. Tout au plus pouvait-on trouver, pour des raisons très personnelles, scandaleux que l'épouse d'un ministre en exercice présente un journal télévisé. A l'inverse, on pouvait objecter que rien n'obligeait cette journaliste à renoncer à son métier en raison de sa situation conjugale. Pour autant, jamais jusqu'à présent le journal de Béatrice Schönberg ne s’était vraiment fait prendre en flagrant délit de propagande progouvernementale (pas plus, en tous cas, que celui de TF1)…
Cet état de grâce a pris fin avec la crise du CPE : Les observateurs attentifs ont relevé de nombreux témoignages, dans le comportement à l’antenne de la présentatrice du JT de France 2, de conflit d’intérêt entre sa fonction et sa situation maritale, qu’il soit conscient ou inconscient… C’est en tout cas ce dont fait état Daniel Schneidermann dans son article …
EPISODE 2
Procès d’intention ou pas, "l’affaire Schönberg-Borloo" prend de l’ampleur, relayée par divers organes de presse, et le 6 avril 2006, Béatrice Schönberg est convoquée officiellement à un entretien avec la Société des journalistes (SDJ) de la chaîne. Le sujet invoqué est bien entendu sa situation d'épouse de Jean-Louis Borloo et les possibles complications que cette situation pourrait entraîner quant au travail de la rédaction de la chaîne.
Daniel Schneidermann consacre quelques minutes à cet événement dans son émission "Arrêt Sur Images". Une fois l’émission post-produite (c’est-à-dire, prête à être diffusée), il rapporte dans son blog avoir été contacté sur sa ligne privée par Arlette Chabot en personne, directrice de l’info de France 2, principale chaîne française de service public, laquelle l’aurait vertement tancé…
De quoi est-il question dans le sujet d’"Arrêt Sur Images" ? on y voit comment, deux semaines avant les faits, un dimanche, la coordination étudiante réunie à Aix-en-Provence a demandé la démission du gouvernement ; comment Claire Chazal, sur TF1, en a fait mention dans ses titres, et comment Schönberg n’a évoqué cette demande de démission qu’au coeur d’une longue phrase, en lançant le troisième sujet du journal, qui parlait d’autre chose, et donc, comment, de fait, la présentatrice, épouse de ministre, a écrasé un appel à la démission du gouvernement dans lequel siège son mari. Le sujet montre également comment le week-end suivant, après le discours de Chirac demandant la suspension du CPE, alors que Borloo annonce qu’il va suspendre l’impression des CPE, initiative contestable puisque faire obstacle à une loi régulièrement promulguée est passible d’une forte amende et d’une peine de cinq ans prison, Schönberg fait silence sur cette information, alors qu’encore une fois Claire Chazal lui accorde dans son journal la place qu’elle mérite… Concrètement, même si la présentatrice n’est pas responsable de ce ratage, la situation objective est préoccupante. C’est ce que raconte Maja Neskovic dans "Arrêt Sur Images".
Et donc, voyant ce sujet en avant-première, avant diffusion, Arlette Chabot s’énerve, et jure ses grands dieux, c’est du moins ce que rapporte Schneidermann dans son blog, qu’on ne la verra plus dans son émission…
EPISODE 3
La contre-offensive est déclenchée, d’abord en couv’ de Paris-Match, "Schönberg Borloo, leur couple pris dans la tourmente du CPE", "Parce qu’il est ministre, parce qu’elle est journaliste, la présentatrice du journal de France 2 victime d’une chasse aux sorcières". A l’intérieur, Elkabbach, Chabot, Lang, PPDA, et j’en passe, considèrent le comportement de la présentatrice de France 2 irréprochable, sans pour autant répondre sur le fond des omissions et demi occultations qui parsèment les journaux qu’elle présente depuis le début du mouvement anti-CPE ; l’article dénonce "certains syndicats qui relancent le maccarthysme nouvelle sauce", Schneidermann y accusé d’avoir lancé une "chasse à courre" relayée par certains syndicats de France 2.
EPISODE 4
Suite de la contre-offensive ; après Paris-Match, c’est au tour de l’Express de coller un taquet à Schneidermann ; on apprend dans un encadré que "à France Télévisions" (sic), on reprocherait à Schneidermann de manquer de "patriotisme d’entreprise"… Puis c’est au tour du Point de faire état d’un écho anonyme selon lequel Patrick de Carolis himself aurait "pris en grippe" l’animateur d’ "Arrêt Sur Images" ; l’émission pourrait ne pas être reconduite à la rentrée de septembre 2006…
EPISODE 5
C’est le dernier épisode en date. A ce stade de mon article, je te pose la question, ami lecteur fan de séries et de feuilletons divers et variés : Qu’est-ce qui fait qu’un épisode devient culte ? Mmmm ? Tu donnes ta langue au chat ? Mais voyons : c’est la guest appearance qui donne toute sa saveur à un épisode de série !
En l’occurrence, dans le cadre du feuilleton qui nous intéresse, on pourrait difficilement trouver meilleure guest star que Jean-Marc Morandini qui mercredi matin, dans sa super émission de radio de critique super crédible de la télévision, annonçait : "on commence donc avec une information Europe 1 : c’est la fin d’Arrêt sur Images. Selon nos informations, France 5 a décidé de supprimer à la fin de la saison l’émission de Daniel Schneidermann en raison d’une baisse des audiences mais aussi également du refus de la totalité du monde de la télé de participer à cette émission. Une émission qui a de moins en moins d’intérêt et qui décrypte de façon unilatérale le petit écran. De plus les attaques systématiques ces derniers jours contre Béatrice Schonberg et Arlette Chabot de la part de Daniel Schneidermann ont poussé la direction de France 5 à prendre cette décision qui devrait être annoncée le mois prochain officiellement à Daniel Schneidermann. Selon nos informations France 5 étudie actuellement plusieurs projets d’émissions susceptibles de remplacer Arrêt Sur Images en septembre prochain. Deux projets au moins ont été proposés par des journalistes de France Télévision."
Annonce suivie de la dépêche AFP suivante, tombée quelques heures plus tard : PARIS, 19 avr 2006 (AFP) - Le directeur général de France 5, Claude-Yves Robin, a affirmé mercredi à l’AFP que l’émission présentée sur la chaîne par Daniel Schneidermann "Arrêt sur images", dont plusieurs organes de presse ont annoncé la prochaine interruption, "n’est pas remise en question". "L’émission "Arrêt sur images" n’est pas remise en question, ni compromise", a déclaré Claude-Yves Robin. "Il n’y a pas de conflit" avec son animateur, a-t-il ajouté, précisant qu’"aucun projet alternatif" n’était à l’étude. Plusieurs organes de presse ont assuré ces derniers jours que France Télévisions prévoyait de ne pas reconduire l’émission en septembre, en raison d’un manque de "patriotisme d’entreprise" de Daniel Schneidermann, ainsi que de ses critiques à l’égard des chaînes publiques et de Patrick de Carolis, PDG de France Télévisions.
Conclusion : beaucoup de bruit de rien, du moins pour pas grand-chose, puisque apparemment "Arrêt Sur Images" restera à l’antenne, et surtout, une nouvelle occasion manquée de se taire de la part de cet âne bâté de Morandini, qui s’enfonce encore une fois dans le dernier ridicule…
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18.04.2006
Eux, ça va peut être les changer, mais nous concernant, rien n’est moins sûr !
Ami Lecteur,
Arrêtons-nous une fois encore sur quelques unes des dernières images qu’a produit la télévision française, et posons-nous de nouveau la question : que veulent dire ces images ? Qu’en retiendrons-nous ? De quelle manière ces images, tout en assurant leur mission commerciale (tenir le téléspectateur attentif dans l’intervalle qui sépare deux écrans publicitaires), formatent-elles notre perception du monde et de notre environnement ?
Tu n’es pas sans savoir que TF1 vient de lancer la diffusion, ça y est, enfin, de son dernier avatar endemolien : ’’Je Suis Une Célébrité, Sortez-Moi De Là’’. L’émission, annoncée par TF1 en ces termes exacts : ‘’Un grand jeu d'aventures et de divertissement au milieu d'une nature sublime mais hostile faite de cascades, de montagnes et de forêts tropicales’’ ne consiste évidemment qu’en une énième resucée de ce concept dont nous faisons l’expérience en France depuis deux ou trois ans maintenant, à savoir le bizutage d’anciennes icônes médiatiques tombées en désuétude et de vagues parasites des soirées jet-set en quête de visibilité télévisuelle.
De fait, le dernier né d’Endemol fait plus que mettre en présence quelques présumés ingrédients de succès en terme d’Audimat pour un jeu lambda : ’’Je Suis Une Célébrité, Sortez-Moi De Là’’ réunit tous les ingrédients de toutes les émissions de télé-réalité qu’il nous ait été donné de voir jusqu'à présent en France. Les célébrités bien entendu, mais aussi leur inséparable panoplie d’associations caritatives, le tandem d’animateurs vedettes s’adonnant à de voluptueux sketches à vocation humoristique, la voix off de ‘’L’Ile De La Tentation’’, le suspense autour du casting, les nominations, les votes surtaxés, les éliminations, la survie dans la jungle, le danger, Loana…
D’où cette première interrogation : arrivons-nous au terme d’une époque ? Née en 2001 dans les bas-fonds d’une piscine de jardin, la télé-réalité française est quasiment morte au moment-même de son irruption sur les écrans. Jamais, depuis la désormais mythique administration par Jean Edouard d’une sévère levrette claquée sur la gracile personne de Loana, la real TV n’a été en mesure de produire des images d’une puissance télévisuelle équivalente à celles qui ont constitué ce qu’il convient d’appeler ‘’son acte fondateur’’. En faisant appel à Loana pour le casting ’’Je Suis Une Célébrité, Sortez-Moi De Là’’, en réunissant dans le cadre du jeu l’ensemble des ingrédients du succès de ses précédentes productions, la télé-réalité ne nous annonce-t-elle pas son passage prochain à une nouvelle étape, un nouveau stade ? N’est-ce pas le sens de ce retour aux sources tant en termes de casting que de principe de fonctionnement ?
A part ça, que tirer de cette émission ? Pour l’instant, pas grand-chose en vérité : en cette ère de l’image où le fossé qui sépare les nantis des nécessiteux apparaît aux yeux de ces derniers avec plus d’acuité que jamais, le système dominant a besoin de donner de ses instruments une image d’accessibilité, démystifier l’image glacée du ’’people’’ , et pire encore : faire en sorte que le consommateur de base, toi, ami lecteur, se défasse de la frustration permanente qui le fait rêver d’une autre vie, faite de doigts de pieds en éventail, de yachts exubérants et de soirées arrosées au champagne.
C’est tout de même assez confondant, me permettras-tu de remarquer, ami lecteur, que pour rabaisser nos vedettes médiatiques à notre niveau de pékins lambdas, il faille les immerger dans la boue d’une ferme du XIXeme siècle, ou les envoyer crapahuter à moitié à poil dans la forêt amazonienne… Je me demande bien ce que c’est censé révéler sur la façon dont nos élites nous perçoivent…
De fait, c’est un message qui se fait de plus en plus prégnant en télévision : Etre une star, ça se mérite. On savait déjà que devenir une star n’est pas facile, grâce notamment à toute la série des ‘’Pop Star’’, ‘’Star Ac’’ et ‘’Nouvelle Star’’, on savait les vedettes en proie à d’affreux tourments grâce à Mireille Dumas, c’est donc très logiquement que la télévision en est venu à nous rappeler ô combien cruellement que d’une part il n’est pas chose aisée de rester sous le feu des sun lights, et d’autre part qu’il n’est pas donné à tout le monde de le redevenir. Pour revenir sur le devant de la scène médiatique, il est nécessaire d’en passer par un nouveau bizutage, et seuls ceux qui ont en eux le vrai feu sacré de la célébrité pourront y parvenir.
Bref, tout cela n’est guère reluisant, et véhicule une idéologie dans laquelle il vaut sans doute mieux marcher du pied gauche…
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12.04.2006
De la télé qui dépote !
Bulletin d’humeur : de méchants vents très remontés sur toute la carte
Ami Lecteur,
’’C’était mieux avant’’, dit le poète, et force est de constater que ce faisant, le bougre a foutrement raison. Il faut croire que chaque génération, à sa manière, ourdit en son for intérieur le souhait plus ou moins inconscient d’être la dernière de son espèce, et que c’est par pur instinct de survie que chacun se plait à maudire la tombée en désuétude des symboles de sa jeunesse et s’enferme dans le souvenir amer de son adolescence un peu plus lointaine chaque jour. Moi par exemple, c’est tous les soirs de la semaine, du lundi au jeudi, grosso modo de 19h10 à 19h50, puis de 20h10 à 20h40, que je me prends à regretter les heures bénies de mon passé. De Caunes et Garcia se rappellent à mon souvenir, et Jacky Beroyer aussi, et Edouard Baer et Benoît Poelvoorde. Je regarde le ’’Grand Journal’’ de Michel Denizot, et je me demande : mais où sont-ils donc passés ? Ne pourrait-on pas revenir à cette télé-là ? Je ne sais pas, les forcer à revenir, à refaire ce qu’ils faisaient il y a 10, 15 ans ?
Qui dira le contraire ? ’’Le Grand Journal’’, c’est, je crois, la seule émission de télé dont le contenu le plus intéressant soit ses génériques de coupure pub (je suis méchant : ’’Le Petit Papier’’ et ’’Le Petit Journal’’ rehaussent quand même pas mal le niveau…)... Pour dire les choses sans détour, je trouve tout simplement affolant le fait que cette émission est diffusée sur CANAL + (CANAL +, merde, quand même !), et sur une tranche horaire sur laquelle la chaîne s’était autrefois fait une spécialité de donner dans l’impertinence poilante. Qui peut m'indiquer ce que vient foutre Denizot en encadrement des ’’Guignols’’ (dont il faut tout de même dire qu’ils restent globalement excellents dans ce qu’ils font) ? On l’avait vu user des litres de cirages sur les mocassins présidentiables de Nicolas Sarkozy, on l’avait vu le même soir sortir de son plateau le fils Depardieu (il faut dire que ce soir-là, Guillaume, qui avait encore une fois les yeux bien rouges, était arrivé sur le plateau en demandant ’’ça sent pas un peu la merde ici ?’’ alors que le mulot de l’UMP venait à peine d’en sortir…), eh bien tac ! Ça n’a pas loupé : on l’a vu ce soir servir veulement la soupe à Ségolène Royal (pour ne rien dire de ses talons hauts non moins présidentiables…). C’était à l’occasion de la trois centième de l’émission, et là encore, je pose la question : qu’est-ce que ça peut nous foutre que ça soit la trois centième ? A raison de quatre (autrefois cinq) émissions par semaine, ça ne fait jamais que soixante-quatre ou soixante-cinq semaines, soit grosso merdo 16 mois de diffusions, soit, en comptant les semaines de vacances, un peu mois de deux années d’existence… Y a pas non plus de quoi tomber à la renverse !
Bref ! Ce soir Michel Denizot recevait ’’la meuf à François’’, et le moins qu’on puisse dire est qu’il a bien, bien compris qu’elle avait le vent en poupe. Ah, il l’a pas loupée, la Ségolène ! La Malheureuse, la dernière personne qui l’ait mise autant mal à l’aise pendant une interview, ça devait être Elkabach ! Plus méchant que Denizot, je ne vois guère que Michel Drucker !
Je rigole, mais c’est quand même dingue cette propension de plus en plus marquée des émissions de télévision à ménager les fantoches à qui l’opinion publique sourit, et à s’essuyer les pompes sur ceux que cette dernière s’est désignée pour boucs émissaires (les amateurs de René Girard apprécieront…). Je veux dire, ça finit par devenir insultant, cette façon que les dirigeants de télévision ont de donner à leurs chaînes des orientations de plus en plus populistes. De la part de TF1, bon, on a fini par s’y faire, et puis bon, c’est pas nouveau, mais de la part de CANAL +, qui se veut la chaîne de l’impertinence, et des chaînes du service public (En access prime time la semaine, c’est la ’’bande à Ruquier’’ qui ressuscite la Quatrième République, le samedi soir, c’est Patrick Sébastien qui ressasse ses vieilles rancunes contre Libé, le dimanche soir c’est Fogiel qui pas plus tard que dimanche dernier a cloué le père de ce petit con de Jordy au pilori… Et parce que ce n’est pas le sujet, je ne dis rien de la femme d’un ministre en exercice qui présente le journal de 20h…), c’est quand même très emmerdant… et surtout, ça pose de très sérieuses questions…
Eh oui, ami lecteur, les temps sont vraiment durs, les annonceurs sont de plus en plus frileux, la coke et les putes c’est terminé, et c’est bien dommage…
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10.04.2006
''Les choses sont...'', par Peeping Tom (V. Haenni & G. Scotti), extrait de l'album ''Liquid Sand''
Bulletin d’humeur : un trip hop façon cool jazz, dub et ambient, sur fond de prose littéraire…
"On ne sait pas ce qui peut arriver.
Le futur se dérobe et semble… indomptable.
Mais... cela peut t’arriver. Cela peut m’arriver, cela peut arriver à beaucoup de gens.
A quiconque.
A n’importe qui.
Face à mon désarroi, un type que je connais m’a dit un jour un truc qui lui semblait vraiment, important.
Il m’a dit : ’’Les choses sont souvent plus simples qu’elles ne paraissent.’’
Cela peut t’arriver aussi tu sais. Comme ça m’est arrivé.
Moi, j’étais barricadé derrière mon mécanisme anti-pop. Une sorte de jeu de hasard. Un peu comme un coup de poker, si vous voulez.
Elastique, plastique, solide, liquide… Liquide comme le sable qui file irrémédiablement entre mes doigts engourdis. Mais… physiquement, chimiquement…
Cela peut aussi vous arriver.
Décembre est bien cruel. Remarque novembre est pas mal non plus…Où sommes-nous ?
Décembre, si terriblement cruel.
Ça peut t’arriver aussi tu sais. Comme ça lui est arrivé, comme ça arrive à n’importe qui. Animal, minéral végétal...
Hiver, printemps...
Oh, juste à temps pour le printemps… Regarder, recevoir la nouvelle donne et, avoir ce grand frisson avant de gagner, ou de perdre.
Tu joues tu risques, c’est un jeu de chance, un jeu de choix.
Tu risques tu mises. Ça c’est la règle du jeu. C’est ça qui te plait, hein ?
Mais si décembre est cruel, janvier l’est peut être aussi alors rappelle-toi : les choses sont souvent plus simples qu’elles ne paraissent.
Tel le feu qui est bien plus lumineux qu’il n’éclaire.
Cela peut t’arriver. Ça peut m’arriver. Ça peut arriver à beaucoup de gens.
A quiconque.
A n’importe qui.
A quiconque.
A n’importe qui."
P.S. : Je profite de l’occasion pour rendre hommage au goût très sûr de mon ami Marco…
18:05 Publié dans humeurs diverses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.04.2006
La bonne méthode
Bulletin d’humeur : une carte toute entière voilée par le mauvais esprit…
Ami lecteur,
Ta situation m’inquiète au plus haut point. Que dis-je, ‘’m’inquiète au plus haut point’’ ? Je me ronge carrément les sangs pour toi, ami lecteur, aussi te poserai-je la question franchement : travailles-tu assez à ta stratégie Marketing ?
‘’Mais qu’est-ce que c’est que cette question à la con que tu me balances à la figure sans crier gare ?’’ ne manqueras-tu pas de t’étonner, ami lecteur revenu de tout. Ce à quoi je répondrai : du calme, du calme, ne monte pas sur tes grands chevaux, et regarde la réalité en face : le marketing, de nos jours, est devenu absolument IN-CON-TOUR-NABLE.
Du reste, il en existe pour tous les goûts, des disciplines du marketing : marketing amont, marketing aval, marketing d'étude, marketing stratégique, marketing de terrain, marketing de masse, segmenté et individualisé, marketing des services, marketing direct, e-marketing, marketing B to B, B to C, one to one, marketing international, marketing interne, marketing local, marketing relationnel, marketing viral… Du coup, avec autant de choix, on se dit que ce serait franchement faire preuve de mauvais esprit que de prétendre ne pas pouvoir trouver là son bonheur… De fait, tout le monde en fait, du marketing, alors y a pas de honte à avoir, vas-y, ami lecteur, lâche-toi, choisis ta méthode et fonce !
Bon alors je sens bien qu’à ce stade de mon article, tu vas me poser une question. LA question qui tue : ‘’Mais au fait, c’est quoi le marketing ?’’ Pas de panique, j’ai la réponse : elle nous est donnée en page 2 de la bible des marketeurs et des professeurs de marketing en école de commerce, j’ai nommé le ‘’MERCATOR’’, où il est écrit : le marketing se définit comme l’ ‘’ensemble des méthodes et des moyens dont dispose une organisation pour promouvoir, dans les publics auxquels elle s'intéresse, des comportements favorables à la réalisation de ses propres objectifs. ‘’
Oh, je vois bien le reproche qui va naître dans ton esprit tordu, lecteur bolchevisant. Tu vas me dire : ‘’Ouais, oh là là, c’est vachement dangereux, ton truc, ça s’apparente à de la manipulation, c’est prendre des gens pour des cons !’’
Eh bien détrompe-toi, te répondrai-je. Pas du tout. Les gens de marketing ne prennent pas tous les gens pour des cons. Oh, bien sûr, il peut arriver que quelque sinistre individus vienne souiller les rangs de ces nobles défenseurs des valeurs de l’humanité, mais cela reste marginalissime. Prenons les gens des services marketing de chez Quick, par exemple. Bon. Tu n’es pas sans savoir que QUICK vient de lancer le ‘’Cauet Burger’’, un sandwich ‘’ à l’effigie’’ de Cauet. Eh bien quand les journalistes de l’émission ‘’+ CLAIR’’, diffusée le samedi midi sur CANAL +, sont allés interroger le directeur du marketing de QUICK sur ce qui faisait que ce sandwich était bien le burger de Cauet, ce monsieur a répondu : ‘’C’est un sandwich qui est généreux parce que Cauet est généreux, et que ce sandwich il est comme Cauet, généreux.‘’
De fait, je crois pour dire sans trop m'avancer que nous tenons-là notre preuve, ami lecteur, que ce monsieur du marketing de QUICK (directeur du marketing, tout de même !) ne prend pas les gens pour des cons. Eh oui : s’il parle comme ça, s’il mène cette politique marketing-là, ce n’est pas parce qu’il prend les gens pour des cons ; c’est parce que lui-même est très très con ! Voilà tout ! Et je ne crois pas trop m'avancer non plus en disant, en affirmant, que ce monsieur ne constitue en aucune façon un cas isolé : pour en avoir rencontré personnellement un bon paquet, je te certifie que c'est le cas de bon nombre de responsables du marketing en France. Et pas n'importe lequels, non : des gens qui travaillent pour de très grosses entreprises, des marques très connues, cons comme des prises multiples... Alors qu'on ne vienne pas me dire que ces gens nous manipulent... Pour ce faire, il faudrait encore qu'ils en aient les capacités intellectuelles...
Pour rester sur un sujet gras, Cauet était justement l’invité de cette même émission, ‘’+ CLAIR’’, samedi dernier, sur le plateau de laquelle il assurait la double promotion de son sandwich chez QUICK et de son nouveau magazine, ‘’GUTS’’. A propos du sandwich, la nouvelle idole de Patrick Le Lay s’est exprimée en ces termes : ‘’Je suis très très fier de ce partenariat, si on m’avait dit qu’un jour j’aurais cette chance, c’est ça qui est merveilleux dans ce métier, et d’un seul coup, on peut les réaliser.’’ … comme quoi même les rêves les plus fous ne sont pas inaccessibles… Ça me rappelle cette phrase de Napoléon Bonaparte (l’idole de Dominique de Villepin) : ‘’Quand on veut fortement, constamment, on réussit toujours.’’
Plus tard dans l’émission, Cauet a pu faire la promotion de son nouveau magazine, ‘’GUTS’’, une publication quinzomadaire dont les efforts d’investigation se concentrent pour l’essentiel sur des bimbos à poil, des grosses bagnoles customisées et des photos de people bourrés en train de vomir. ‘’Je suis vraiment très fier de ce journal, c’est vraiment magnifique de pouvoir donner vie à un projet comme ça… […] il manquait à la presse française un magazine comme ça, décontracté, joyeux…’’ Tu m’étonnes, 71 photos de filles à poil sur 120 pages, Cauet est surtout une sacrée brute du marketing ! Pas étonnant que la vie lui sourie ! Il sait bien, lui, que c’est l’argent des ploucs qui rapporte le plus !
Alors je te repose la question, ami lecteur : le marketing, tu t’y mets quand ?
P.S.: pour revenir à une littérature digne de ce nom, je signale que ''GUTS'' est également le titre d'une nouvelle écrite par Chuck Palahniuk, et qui se retrouve facilement sur le net. A bon entendeur...
22:50 Publié dans humeurs diverses | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
06.04.2006
Un Médiocre Parti
Bulletin d’humeur : de la bonne humeur sur toute la région Ile-de-France...
Ami lecteur,
Je vais te faire une confidence : l’UMP m’intéresse.
Attention : je vois d’ici ceux de mes lecteurs qui me connaissent personnellement (qui ont collatéralement déjà eu l’occasion de m’entendre exprimer mes idées politiques) pousser de hauts cris scandalisés, fondre en larme, hurler à la trahison, mouliner des bras à tout va, piquer une crise d’hyperventilation, accoucher avant terme, voire sombrer dans la tétanie pour les plus fragiles d’entre eux. Qu’ils se rassurent.
Non, quand je dis ‘’l’UMP m’intéresse’’, je veux dire : les petits gars de l’UMP m’intéressent. Il faut dire, ils sont vraiment trop, ces petits gars de l’UMP. Trop, dans tous les sens du terme. On les voit partout, en ce moment, sur tous les plateaux de télé, les journaux, les talk-shows, alléguant à qui mieux mieux des opinions de bon aloi à propos de la crise sociale actuelle, battant des ailes en vain pour essayer de faire en sorte de sortir du lot… Je les imagine se rentrant dedans au sortir des plateaux, échangeant des mondanités convenues et des flatteries veules avant de courir jusqu’au prochain studio d’enregistrement, et vraiment, je ne peux pas m’empêcher de m’intéresser à leurs petites personnes. Mais qui sont-ils, ces hommes et ces femmes de l’UMP, ces parangons qui quotidiennement viennent me baver dans les oreilles et s’accaparer mon temps de cerveau humain disponible ?
A cet égard, Mardi soir, dans ‘’Le Grand Journal’’ de Denizot, on causait encore une fois du CPE, et j’ai été interpellé par la prestation de Patrick Devedjian, le sarkozyste bienheureux. Il avait en face de lui Bruno Julliard, président de l’UNEF, dont le moins qu’on puisse dire est qu’il ne se laisse pas facilement démonter par les vieux habitués de la prise de parole médiatique qu’on lui colle entre les pattes. Ce que j’ai trouvé saisissant ce soir-là, c’est que – quasiment – à aucun moment Patrick Devedjian n’a cherché à exprimer une opinion, ou à entrer dans un débat. A la louche, j’estimerais à 80% le temps qu’il a consacré, sur son temps total de prise de parole, à essayer de faire de l’humour ou à vanner son interlocuteur. Naturellement, sur le plateau, personne n’a moufté, ce qui n’a rien d’étonnant quand on sait que Michel Denizot a été l’un des premiers journalistes – si ce n’est LE premier – à avoir publié une biographie de Nicolas Sarkozy ; on se dit que finalement, mardi soir, au ‘’Grand Journal’’, on était entre potes…
Néanmoins, plus tard dans la soirée, l’image de Patrick Devedjian me revient en tête comme malgré moi, contre ma volonté… je repense à l’émission, à ces tentatives d’humour retombées comme des soufflets dans l’indifférence générale. Je me dis, deux possibilités : soit ce brave monsieur a raté sa vocation (ça arrive, y compris dans ce milieu-là), ce qu’il voulait faire dans la vie, c’était ‘’Laurent Baffie’’, soit il n’avait rien de particulier à dire ce soir-là … Ce qui m’amène à la considération suivante : en pleine période de crise, quand même, c’est chaud de n’avoir rien à dire, surtout quand on est sarkozyste, ça doit pas être ça. Je me dis : en fait, Patrick Devedjian doit avoir plein de choses à dire, mais il ne les dit pas, sans doute parce qu’il les a déjà exprimées ailleurs. Mais oui, c’est ça ! Patrick Devedjian doit avoir horreur de se répéter, d’ailleurs, tout le monde se moque tout le temps des gens qui passent leur temps à se répéter… Donc, pour savoir ce que pense Patrick Devedjian en général, il suffit de remonter à la source de sa pensée !
Là-dessus, je googlise ‘’Patrick Devedjian’’, et sur quoi tombe-je ? ‘’Patrick Devedjian, le site internet : Le député-maire expose ses opinions sur l’actualité, son travail et sa vie.’’ ‘’Bingo !’’ me dis-je. Je clique, je tombe sur la page suivante, pleine de promesses : ‘’ Le député, l’actualité, l’homme, le maire, la circonscription ‘’…
Je préfère m’interrompre ici, ami lecteur, avant que l’émotion n’aie raison de toi : ce site s’est révélé bien décevant. Derrière la rubrique ‘’L’homme’’, ne se cache qu’une minable petite biographie de notre homme (on n’y apprend entre autres que son grand-père maternel était confiseur, ce qui prédisposait peut-être Patrick à ce sourire mielleux qu’il affiche sans cesse…) ; quant à ses réactions à ‘’L’actualité’’, elles remontent, au plus près, au 18 juillet 2002…
Un rien circonspect, je ne te le cache pas, je retourne sur ma page ‘’Google’’… Et là, bam ! troisième entrée, ha ha, que vois-je ? ‘’Patrick Devedjian, le blog’’ ! Et oui, cette page-là est bien la bonne, le sésame qui donne accès a la pensée complète de Patrick Devedjian, ses opinions, ses coups de cœur, ses coups de gueule, ah oui ami lecteur, je te le dis comme ça m’est venu : c’est beau comme une rediffusion d’épisode de ‘’Marc et Sophie’’ ! Tout est là, tout, même des critiques littéraires ! Ainsi, par gourmandise, ce que Patrick Devedjian a pensé de ‘’La Possibilité D’Une Ile’’ : ‘’Une vision décapante et tragique que la société de l'information’’… ( ??? - Ok, Houellebecq est pas l’épouvantail qui m’inspire le plus de sympathie, mais de là à dire qu’il avait mérité ça…)
Bon, mais le plus intéressant reste les réactions de Patrick à l’actualité. Son dernier article, daté du 2 avril et intitulé ‘’La sagesse est d’éteindre l’incendie’’ est à ce titre tout à fait saisissant (rien que le titre, me diras-tu, dénote un bon sens hors du commun) : c’est mou, c’est bête, ça ne dit ni n’exprime rien, bref, c’est du pur Devedjian… et je t’en recommande chaudement la lecture, car c’est là qu’on se dit que finalement, Patrick Devedjian a bien fait de ne pas s’exprimer au ‘’Grand Journal’’, et que, vraiment, tout était dit.
17:20 Publié dans blogosphère | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04.04.2006
le retour de l'Information
Bulletin d’humeur : beaucoup de solidarité confraternelle, mais surtout : sans ironie aucune…
Ami lecteur,
Toi qui honores quotidiennement ces colonnes par ton indéfectible fidélité, et qui commences à me connaître un tant soit peu, tu sais que je répugne à me moquer de mes confrères blogueurs, tant il est vrai que je partage leur sacerdoce, à savoir cette irrépressible envie de donner aux autres, et cette peur quasi-païenne d’étouffer sous le poids de sa propre générosité, faute de ne pouvoir l’exprimer en direction de l’objet de toutes ses attentions : le public tant aimé.
Tout au plus me suis-je vaguement gaussé des tartufferies de l’indispensable Jean-Marc Morandini (qui a son utilité sociale, en tant que zéro absolu de toute échelle de valeur), mais tu admettras, ami lecteur, que c’était de fort bon aloi, et qui plus que cela avait été fait sans ambition de blesser, mais à tout le moins de faire montre de taquinerie, voire de mutinerie bon enfant.
A cet égard, je te recommanderai aujourd’hui, lecteur que j’aime tellement si fort, de gratifier de ta visite le blog de Dominique de Villepin : ‘’Villepin Blog’’ (au passage, je rendrai une fois encore hommage à mon fidèle acolyte Mulan, dit ‘’La Mule’’, dit ‘’La Mule infâme et dégueulasse’’ qui a porté l’existence de ce vivier à ironie moqueuse à ma connaissance).
‘’Mais, me demanderas-tu, ami lecteur soucieux de rester fidèle aux principes ancestraux qui t’ont été enseignés par tes grandioses géniteurs, comment consulter le blog de Dominique de Villepin sans éprouver le sentiment de culpabilité – bien légitime – conséquent de l’infidélité que cela constituerait à l’égard du blog d’Alain Juppé ?’’
Rassure-toi, ami lecteur aussi bon qu’un ange, la page personnelle du ‘’meilleur d’entre nous’’ restera LA référence incontournable en matière d’avis politique de premier choix ; toujours aucune note depuis ses 10 lignes sur le CPE du 19 mars, ça donne vraiment hâte qu’Alain revienne sur le devant de la scène politique française. Un conseil les gars : préparez vos abattis, parce que ça risque de saigner quand Alain va enfin abandonner sa toque de Davy Crockett pour venir remettre les choses en ordre de par chez nous ! Ça va balancer sévère, croyez-moi !
Bref.
Pour en revenir au blog de Dominique de Villepin, sous-titré fort à propos ‘’Tout sur Dominique de Villepin’’, commençons par préciser que non, on ne peut pas y trouver l’intégrale des photos de vacance du mannequin de Matignon torse nu et en slip de bain, et que du reste ce n’est même pas Dominique himself qui remplit ces colonnes. Pour autant, le blog du 1er Ministre a le mérite de poser sans détour les questions qui fâchent ; ainsi, le dernier article en date, posté hier matin, soulève-t-il la question suivante : ‘’Sarkozy mieux que Villepin ?’’ Au secours ami lecteur, je ne sais pas si je pourrai supporter plus longtemps tant d’impertinence ; il faut dire que 25 années de TF1 matin midi et soir m’ont radicalement privé de toute capacité de recevoir et traiter de l’information à haute teneur en intelligence journalistique…
Au demeurant, le blog de Dominique est également un espace d’expression libre de toute contrainte, qui permet ainsi de lire les sentences audacieuses de jeunes internautes de droite, aussi décisives que, entre autres :
‘’ Si vous voulez être utile, occupez vous de Wall-Street et de l'économie mondiale! 1968,c'est fini Il suffit pas de descendre dans la rue et de passer à la Télé pour être important!!! ‘’
‘’ Bande d'utopistes ! Vous allez voir Sarko va s'occuper de vous avec un grand sourire et vous n'y verrez que du BLEU!l Etudiez au lieu de chiâler de brailler!!!! ‘’
‘’Une rumeur dit que Villepin a eu un coup de "blues" et que Boorloo l'a reboosté ...’’
‘’ Sarkosy va t-il faire mieux que Villepin? ‘’
(Je précise à l’attention de mes lecteurs les plus exigeants en matière de syntaxe que les fautes d’orthographe sont d’origine. Gageons que cela ne présage rien quant au niveau d’étude des jeunes forces vives du mouvement mené par le 1er Ministre…)
Bref, tu l’auras compris, ami lecteur, le blog de Dominique constitue indiscutablement une lecture des plus saine, et donc, je le recommande sans plus de cérémonie à tous ceux dont les fosses nasales ne sont pas trop fragiles.
17:00 Publié dans blogosphère | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01.04.2006
'N'auriez pas une p'tite pièce, des fois?
Bulletin d’humeur : une lourde atmosphère de suspicion, matinée de forts relents lecanuettistes...
Ami lecteur,
Tu n’es pas sans ignorer que compte tenu de l’extrême indigence dans laquelle patauge une large partie de mon lectorat, et des responsabilités pédagogiques consécutives à cet état de fait, je m’attache dans ces colonnes à reproduire le plus souvent possible des citations de grands auteurs afin de fournir à mes lecteurs le matériel nécessaire pour alimenter tant leurs réflexions quotidiennes que leurs conversations en milieu mondain. Ce faisant, je ne pouvais décemment pas ne pas te rapporter cette envolée lyrique, qui restera, si Dieu le veut, gravée à jamais dans le marbre du patrimoine littéraire français :
‘’La France d’après, c’est le changement que la France attend, revendique et espère. C’est une France dynamique, libérée de ses lourdeurs et de ses peurs, une France où la promotion sociale sera possible pour ceux qui s’en donnent les moyens.
Pour moi, la France d’après c’est l’initiative, le mérite, la justice.
Alors, imaginons-la ensemble !’’
Je ne te fais languir plus longtemps, ami lecteur, quant à l’identité de l’auteur – présumé – de ses lignes : il s’agit de Nicolas Sarkozy, le petit caporal de la place Beauvau. Bon, par magnanimité, je ne commenterai pas le crétinisme avéré qui préside de toute évidence à la rédaction de ces quelques phrases (la définition d’un projet pour dire ensuite : imaginons-le ensemble ; la totale incohérence d’une phrase telle que ‘’La France d’après, c’est le changement que la France attend, revendique et espère.’’) ; il faudrait seulement recommander à Nico de taper ailleurs que dans les rangs d’anciens pubards au chômage camés jusqu’aux oreilles pour écrire ses discours à sa place, parce que là, ça va vraiment finir par se voir…
‘’Mais comment as-tu, toi le chantre de l’Internet, eu connaissance de cette puissante littérature ?’’, me demanderas-tu, ami lecteur fidèle à ta réputation d’insatiable curiosité que tu es. Tout simplement parce que Nicolas m’a écrit, à moi en personne, carrément, y avait mon nom et mon adresse sur l’enveloppe. J’ai en effet eu le bonheur de trouver dans ma boîte aux lettres ce matin une missive aux couleurs de l’UMP, laquelle enveloppe refermait une fort belle lettre dudit Nicolas (reprenant les points essentiels de sa déclaration intention), ainsi que toute la documentation à renvoyer à l’UMP afin d’y adhérer, ou de se délester à leur profit de quelques dizaines d’euros…
‘’Ma contribution pour faire de la France d’après une réalité’’, sérieux, ils se sont pas foulés les gars, d’autant que ça rappelle le titre d’une superproduction hollywoodienne en forme de film catastrophe, si tu veux mon avis, ami lecteur cinéphile, ça n’augure rien de bon quant à ce ‘’demain’’ qui occupe le centre du débat… ‘’Oui, Monsieur Sarkozy, je souhaite être à vos côtés pour imaginer la France d’après’’, ‘’Oui, je sais que ma participation est essentielle pour que le projet de la France d’après soit partagé et porté par le plus grand nombre. Je veux vous donner les moyens de mener sur le terrain cette consultation exceptionnelle. Je fais un don de : [suivi de propositions de sommes allant de 15 à100 euros, rien que ça, et d’un rappel des possibilités de déductions fiscales attenantes]’’… Bravo les gars, vous réussissez à osciller entre la propagande pompidolienne et le charity business tout le long du tract commercial sans jamais sortir du cadre de ce périlleux exercice de style, c’est un exploit, d’autant que l’on peut lire plus bas : ‘’Pour me remercier de ma contribution, j’ai bien noté que je recevrais (sic – il fallait écrire ‘’recevrai’’) le DVD ‘’La France d’après’’ (on reste donc bien dans l’univers du film catastrophe) contenants les moments forts des interventions de Nicolas Sarkozy et le film ‘’La France d’après.’’ ’’ Avec ça ami lecteur, si tu ne sais toujours pas quoi offrir à tes proches en périodes de fêtes et d’anniversaires, c’est que ton cas est vraiment désespéré.
Pour ce qui est de la lettre de Nicolas Sarkozy que j’évoquais plus haut, je vais essayer de faire court, d’autant que ma maman m’a bien appris dans ma jeunesse à ne pas me moquer des personnes de petite taille, je dirai simplement que c’est indéniablement du grand art. Juges-en plutôt, ami lecteur zappato-cheguevariste, ça commence comme ça :
‘’Si vous pensez qu’il faut attendre 2007 pour réfléchir à l’avenir de notre pays, il est inutile de lire cette lettre.’’
Je n’aurai qu’un mot : que cela est joliment troussé ! Là pour la peine, ce n’est plus de pompidolisme qu’il s’agit, c’est de poujadisme, on remonte carrément le temps jusqu'à la Quatrième République… Et René Coty, il pouvait pas se libérer ? Il a pas pu venir ?
La suite de la dite lettre se résume, grosso merdo, à une sorte de longue déclaration d’intention, dont les idées phares sont soulignées à l’attention des tranches du public les plus sous-diplômées (‘’en rupture complète avec les pratiques politiques en vigueur depuis trente ans’’ – je te rassure, ami lecteur, personne n’est visé, sans quoi ça n’aurait pas autant de classe –, ‘’une France qui redonne n’envie, la confiance et l’espoir à chaque français’’, ‘’donner la parole à la France qui travaille sans compter, à la France qui paye sans rien dire, à la France qui veut s’en sortir et qui attend que les choses bougent enfin’’, rien que des trucs de cet acabit, c’est à dire excessivement populistes et démagogues ; je parlais un peu plus haut de pubards à la masse, mais je viens de comprendre : c’est Christine Bravo qui lui écrit ses discours, à Nico), en tout cas pas une seule proposition concrète… Du grand art, disais-je !
Pour ne rien te cacher, ami lecteur, ce qui me pose problème, c’est de savoir comment diable s’y est pris l’UMP pour avoir mon adresse. Je n’ose pas imaginer que le premier parti politique de France ait pu détourner pour ce faire les bases de données de l’administration publique en matière de lieux de résidence. Cela poserait en effet un épineux problème de sémantique, à savoir la détermination d’une appellation pour un nouveau délit. Comment ça pourrait s’appeler ? ‘’Détournement du bien public à des fins commerciales par un ministre d’état dans le cadre de ses fonctions’’ ? A moins que ça ne se rapporte à du conflit d’intérêt ? Si quelqu’un a la réponse, je suis preneur…
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